GG Carabin

Concours de Médecine...

 

amphi         Le concours de médecine approchant à grand pas, je n'ai pas pu poster d'articles ces derniers jours, et je ne pense pas en poster avant la fin du concours. Ce qui veut dire que je ne pourrais pas poster de nouveaux articles avant le 20 mai sans doute. Du 14 au 16 mais c'est le concours, le 16 au soir c'est la soirée des terminaux (avec un thème prometteur : "Sex at Hospital") et le 17 je pars pour 3 - 4 jours avec les Lyon's Singers dans la région de Perpignan pour une série de concert/cérémonies religieuses/festivals/dégustations de vins. Pour notre première vrai mini tournée on a une couverture médiatique assez impressionnante : journaux, radios, et même la télévision ! On espère se faire connaitre au maximum, d'autant plus que pour ces concerts beaucoup d'officiels seront présents : préfets, consuls, etc...

         Tout ça pour vous dire que vous n'aurez sûrement pas de nouvelle de votre cher amis Carabin avant un petit moment, mais dès mon retour de Perpignan, promis, je vous arrose d'articles !

 

            En cadeau, voila ce que j'écoute en ce moment pour me motiver à bosser : War (what is good for) de Edwinn Starr. C'est tout simplement démentiel !
             

 

 

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Bizutage (3)

   
 
Bizutage
         C'est un peu la panique, tous les bizuths sortent en courant pour se rendre derrière l'amphi, sous les hurlements du grand gorille au mégaphone. Ça y est, le bizutage commence...
(suite de l'épisode 2)
 
      On se rend tous très vite derrière l'amphi, au milieu des deuxièmes années plus déchainés que jamais. Avec mon pote on s'est retrouvé dans le groupe des « putes en rute ». Deux filles plutôt gentilles se sont approchées de nous avec un gros marqueur noir dans une main, de l'autre elles tenaient une énorme seringue sans aiguille, remplie d'un liquide bleue qu'elles nous ont forcé à boire. On apprit un peu plus tard que c'était seulement du vin rouge coloré en bleue, le but étant que quand nous allions aux toilettes, on prenne peur en voyant la couleur de nos urines bleues...
 
         On nous donne des T-shirts avec le logo de la corpo des étudiants en médecines de ma Fac avec écrit en dessous « Bienvenutage 2006 ». En cinq minutes ils étaient déjà tout dégueulasse à cause du vin bleu dont on nous arrosait avec les grosses seringues. Une fois les équipes constituées, le mec au mégaphone nous hurle de le suivre. Les deuxièmes années commencent à nous chanter des paillardes étudiantes dont on reconnaissait les mélodies puisque c'étaient les même que nous chantaient les carrés dans l'amphi. En moins de dix minutes, on se mettaient à chanter à tue-tête ces chants magnifiques qui font partie intégrante du folklore médicale, tout en obéissant aux ordres de nos bourreaux de deuxième année : « Rampez ! Sautez sur un pied ! Accrochez vous à votre voisin de derrière en passant votre bras entre vos jambes et en courant le plus vite possible sans lâcher !!Faites la grenouille ! Plus fort les croassements !!! » etc...
 
         Après un bon moment à circuler comme ça dans les rues, à chanter des paillardes, à se faire arroser de vin ou à se faire écrire dessus au stylo indélébile « bizuth rebelle » par ce qu'on a osé envoyer des œufs sur nos tortionnaires, on a enfin atteint un petit parc plutôt désert où on nous à fait déposer toutes nos affaires dans un coin. On a dû se remettre par équipes, s'asseoir à la queue-leu-leu le plus serrés possible, et là ça a vraiment commencé. Ils sont arrivés avec des rouleaux de scotch énormes et nous ont scotché tel quel, par paquets d'une douzaine, et ils ont commencés à nous bombarder d'œufs, de farine, de ketchup, de sucre, de mouse à raser, de chantilly, de soupe de poisson, de CanigouTM , et de pleins d'autres choses... Quand on réussissait à récupérer des œufs qui n'avaient pas explosé, on les renvoyait sur les P2, on récupérait des poignés de trucs dégueulasses dans nos cheveux et on se les lançait dessus. C'était vraiment crade, mais c'est pas tout les jours que l'on peut se permettre d'être aussi sale que ça. Et puis qui n'a jamais eu envie de faire une bataille de bouffe géante ?
 
         Après cette bataille, on s'est un peu calmé, histoire de se rendre compte qu'on puait le poisson mort et les œufs pourris, et que la substance résultante de cette petite bataille collait aux cheveux et durcissait, forment une sorte de gel plus puissant que celui de la pub, celui à la fixation béton. Les filles étaient épouvantées à l'idée de devoir démêler tout ça, les mecs s'en foutaient royalement et s'amusaient à se créer de nouvelles coiffures, comme la crête iroquois de trente centimètres de haut, ou encore la coiffure à la Elvis Presley.
 
         Une fois bien mis dans l'humeur du bizutage, ils nous ont installés pour quelques petits jeux. Le premier consistait à se passer un œuf d'une personne à l'autre sans s'aider de ses mains. Certains pourraient se dire « mouais, je connais, ils font ça avec chacun une cuillère dans la bouche, et ils se passent l'œuf d'une cuillère à l'autre sans le faire tomber ». Et bien non, là il n'y a pas de cuillère, d'ailleurs il n'y a pas de coquille non plus. Le but c'est que le premier prenne l'œuf, il l'ouvre et se le vide dans la bouche (le blanc et le jaune) sans éclater le jaune. Il doit ensuite le passer à son voisin sans utiliser les mains. Pour ce jeu on avait alterné homme/fille et j'étais celui qui commençait. Pour passer l'œuf il y a pas 37 solutions : t'es obligé de rouler une pelle à ton/ta voisin(e) pour déposer le jaune d'œuf tout doucement dans la bouche de l'autre sans le faire éclater. Toute la stratégie consiste à se positionner en premier et à être assis de quelqu'un de « physiquement intelligent » comme dirait l'autre.
 
         On a recommencé ces jeux deux ou trois fois, puis on a dû remplacer les œufs par des tampons imbibés d'huile ou de CanigouTM. C'était un peu moins repoussant, et ça passait plus vite. Après ces petits jeux, les P2 nous ont annoncé que l'on allait procéder à l'élection de Miss et Mister Bizuth...

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Bizutage (2)

 

bizutage            Un matin, en arrivant dans l'amphi, je découvre affiché en grosses lettres sur l'estrade "BIENVENUTAGE MARDI 26 SEPT 2006". Il me restait moins de quatre jours pour me préparer... (suite de l'épisode 1)

 

            Je commençais à stresser un peu, je n'avais que le week-end  pour me décider, en effet, c'était le lundi qu'il fallait payer pour le bizutage. Oui vous avez bien lu, il fallait payer pour se faire pourrir la gueule durant tout un après-midi. Il faut bien que quelqu'un achète tout les trucs que nous balancent ces sadiques de deuxième année, alors autant que ce soit nous (c'est sans soute ce qu'ils se sont dit). Heureusement que ce n'était pas trop cher, et qu'en plus on était inviter à notre première soirée médecine le soir même. Ça nous faisait deux évènements important et inoubliables dans la vie d'un étudiant lors de la même journée, soit deux très bonnes raisons pour y aller.


            C'était peut être pour nous motiver à venir que durant les deux jours de cours précédant le bizutage, les deuxièmes années entraient dans l'amphi pour mettre un peu d'ambiance.  Un jour ils sont arrivés  en tenues stériles, chacun  sur un velo'v, et ils se sont amusé à faire une course dans l'amphi, sous les cris amusés des premières années, et ceux agacés des professeurs. Un autre jour, il y en a deux qui sont arrivée, l'un déguisé en vache, l'autre en lapin, et ils se sont mis sur le bureau du prof pour simuler un coït lapin/vache. Un autre jour encore c'était une course en caddie de supermarché.  On en a vu de toutes les couleurs, et c'est peut être ça qui m'a vraiment motivé pour me faire bizuter : le fait de les voir se décarcasser pour nous faire des trucs marrants, et surtout le fait de les voir s'amuser entre eux.

            Le week-end passe, et finalement je décide avec un pote du lycée de me lancer dans l'aventure. On avait tout les deux très envie de découvrir ce qu'était un bizutage, peut être pour le démystifier, ou tout simplement pour rencontrer d'autres étudiant qui souhaitent eux aussi s'intégrer un peu plus dans la vie étudiante en réussissant ce rite de passage.

            L'après-midi du mardi touche à sa fin, et au moment où le professeur de biocellulaire annonce la fin du cours, un grand nombre d'étudiants habillés en tenues stériles entre en hurlant dans l'amphi. On dirait des barbares, ils se sont fait des peintures de guerre aux couleurs de leurs groupes, et ont l'air légèrement marqué par l'alcool. Il y en a un qui nous hurle dans son mégaphone de sortir en vitesse. C'est un peu la panique, tous les bizuths sortent en courant pour se rendre derrière l'amphi, sous les hurlements du grand gorille au mégaphone. Ça y est, le bizutage commence...

 

(la suite dans l'épisode 3

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Bizutage (1)

 

Bizutage             Il y a tout un mythe qui entoure le bizutage, et particulièrement celui qui a lieu en première année de médecine. Beaucoup de personne se demandent sans doute ce que c'est, ou comment cela se passe. Je pense particulièrement aux lycéens, approchant du BAC et voulant entrer en médecine, qui ont surement beaucoup de questions ou d'angoisses vis-à-vis de ce moment clef de la vie étudiante qu'ils auront surement à vivre à leur tour.

          Avant mon bizutage en début d'année, j'ai essayé de me renseigner auprès d'anciens étudiants, de médecins, ou d'amis, dans l'espoir qu'ils m'en apprennent un peu plus sur cet épisode que j'appréhendais, mais aussi que j'attendais avec une sorte d'impatience plutôt naïve. On m'avait raconté toutes sortes de choses. Certains avaient été plâtré en couple (un garçon et une fille, sinon c'est pas marrant), nue bien sûr, et enfermé dans un placard pendant un long moment. D'autres étaient enfermés dans un placard, nue aussi, toujours en couple mais cette fois-ci l'un était arrosé de peinture jaune, et l'autre de peinture bleue et ils devaient sortir du placard en étant tout les deux totalement vert. J'ai aussi entendue parlé plus d'une fois de bizutages au cours desquels des poubelles étaient remplies de divers "produits" plus ou moins écœurant (blancs d'oeufs, colorants divers, tampons colorés en rouge, viscères d'animaux, etc...), le tout était mélanger et offert comme boisson de bienvenue aux bizutés. J'avais aussi entendus parlé d'épreuves au cours desquelles il fallait mimer avec une personne du sexe opposé des positions du kamasutra... Autant dire qu'il y en a pour tous les gouts. Mais je pense que mon bizutage a été beaucoup plus "soft" par rapport à tout ça.

             Généralement, dès les premiers cours, les bizuths comprennent rapidement qu'ils ne vont pas y couper. En effet, à tous les cours, des carrés ou des deuxièmes années (les P2), se positionnent derrière les portes métalliques de l'amphi et tapent dessus comme des sourds trois coups bref. Ensuite, de l'intérieur de l'amphi monte une clameur venant des rangs des carrés : "haaaaaaAA ! BIZUTAGE !". Le rythme de ces démonstrations augmentant au cours de la première semaine, on sent que ce fameux évènement approche à grands pas. D'autant plus qu'en arrivant le matin, on voit de plus en plus de bizuths scotchés sur l'estrade, ou accrochés au tableau à côté du bureau du prof. C'est marrant à voir, mais peut être un peu moins drôle à vivre. 

            Un matin, en arrivant dans l'amphi, je découvre affiché en grosses lettres sur l'estrade "BIENVENUTAGE MARDI 26 SEPT 2006". Il me restait moins de trois jours pour me préparer...

 

(la suite dans l'épisode 2

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Les petites vidéos du prof de biophysique

 
 Amphi
         Ça commence dès le premier jour de cours. Du groupe de carrés des premiers rangs commence à s'élever une clameur, d'abord confuse, puis petit à petit les voix se rejoignent en une parodie de chanson. Après quelques dizaines de secondes, je commence à comprendre de quoi il s'agit. Le prof se marre un peu, puis branche son ordinateur portable au projecteur de l'amphi. Pendant ce temps, la clameur continue de grandir atteignant bientôt tout l'amphi : « Dans la jungle, terrible jungle... » (Vous connaissez la suite). Et puis tout à coup, c'est le silence. On entend encore deux ou trois personnes glousser, peut être par ce que c'est la première fois qu'ils voient un amphi de 700 personnes chanter quelque chose à l'unisson, ou peut être est-ce un rire d'anticipation, s'attendant à revivre un bon moment déjà vécu un an auparavant lors de leur première première année de médecine.

         Les lumières s'éteignent une à une, plongeant l'amphi dans une atmosphère sombre mais douce. On peut entendre des avions en papier flotter au dessus de nos têtes, on distingue aussi le bruit des journaux gratuits jetés en rouleau très serré sur les étudiants des premiers rangs. Soudain, un hippopotame apparait sur l'écran derrière l'estrade. Il commence à chanter en se dandinant, accompagné par une sorte de chien jaune qui lui saute autour. J'hallucine. C'est donc ça les cours en médecine ? Une masse d'étudiants chantant (hurlant même, pour certains) pour avoir leur vidéo, que le professeur, ancien étudiant lui aussi, s'empresse de leur offrir ? Il faut croire que oui, et ça ne me gêne pas trop.


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